• I- Le rire: le plus viel ami de l'homme :Deuxième partie

    2-Les différents points de vues sur le rire à travers le temps.

    Le rire dangereux

    Pour Platon (428-348 av. J.-C.), le rire est vu comme une grimace. Il est laid, indigne des hommes responsables, et dangereux pour la cité. Il faut le laisser aux bouffons, aux fous, aux méchants et aux esclaves. L'Eglise chrétienne va développer cette conception diabolique du rire, sous prétexte que, dans les Evangiles, Jésus ne rit jamais. René Descartes (1596-1650) et Hobbes vont également condamner le rire parce qu'il manifeste une perte de contrôle de soi et en raison de son caractère agressif envers la personne moquée.

    Le rire triomphant

    Une conception positive du rire refait son apparition à la fin du Moyen Age et à la Renaissance, au moment où l'esprit carnavalesque est à son apogée.

    François Rabelais (v. 1494-1553) et Michel Montaigne (1553-1592) affirment que le rire est bénéfique pour l'individu. Erasme (v.1469-1536) fait l'égole de la folie et du rire. Plus tard, Spinoza (1632-1677), Voltaire (1694-1778) et Kant (1724-1804) porteront le rire et la joie en haute estime, comme fonction thérapeuthique et hygiénique.

    Et au XIXème et XXème siècle, le rire est apparenté à la plus grande des sagesse.

    Pour Friedrich Nietzsche (1844-1900), le gai savoir " se rit de tous les maîtres qui ne se moquent pas d'eux même". Vladimir Jankélévitch (1903-1985), lui, valorise l'humour et l'ironie car ils permettent à l'homme de dépasser sa condition, d'aiguiser sa lucidité et de retrouver une certaine harmonie avec lui-même et le genre humain.

    Le rire psychanalitique

    Pour Sigmund Freud (1856-1939), le rire et l'humour sont des activités psychiques tirant leur origine d'un travail de l'inconscient, au même titre que le rêve et le lapsus. Le rire est lié au plaisir et est par conséquent une épargne de dépense et d'effort physique. Le risible permettrait par ailleurs de satisfaire certaines pulsions -agressives et sexuelles notamment. Le rire serait un défoulement. Freud relève également que certaines formes de rire rendraitent à l'adulte le plaisir spontané du babil enfantin dont il jouissait avant que l'éducation ne l'astreigne à des expressions réglées et à des pensées rationnelles. Le comique renverrait à l'insouciance de l'enfant.

    Le rire convivial

    Les anthropologues et les sociologues considèrent le rire comme un mode de communication. Il est, selon Charles Darwin (1809-1882), " l'expression prmitive de la joie proprement dite ou du bonheur". Le rire a donc une fonction de sociabilité, même s'il peut être pratiqué dans la solitude.

    Il est un élément essentiel de la communication entre les hommes et témoigne de la cohésion d'une société. A chacun son rire puisque à chacun sa réalité et ses références culturelles. Le rire est donc relatif.

    Distinguons rire universel et rire culturel. Le premier peut toucher tous les êtres humains dans leurs travers en général. Le second a besoin de références particulières (et culturelles) pour être apprécié.

    Quoi qu'il en soit, le rire a une fonction critique vitale qui permet de dédramatiser des situations lourdes et des problèmes sociaux. Il servira à souligner les injustices et à désamorcer les tensions.

    Le rire comme nous l'avons compris dans cette partie est une activité basique chez l'être humain, que des spécialités ont déjà commencé à étudier.

     

    ---> Page suivante


    Tags Tags : ,